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Devenir ami.e avec sa peur

Mis à jour : févr. 24

Comment se manifeste la peur

Nous avons peur quand nous percevons un danger actuel, avec un objet précis, contrairement à l’anxiété qui porte sur un danger à venir ou supposé, avec un objet parfois flou.


Notre corps réagit alors fortement : le cœur et la respiration s’accélèrent, les muscles se contractent, le visage pâlit. Nous sommes sur le qui-vive.

Parfois la réaction est immédiate avant même d’être analysée consciemment : un bruit violent et soudain nous fait sursauter car il est perçu comme un risque d’intrusion soudaine et incontrôlée dans notre périmètre de sécurité.


Nous pouvons réagir de 3 façons (en anglais, on parle des 3F) : la fuite (flight), l’attaque (fight) ou l’immobilisation (freeze)

L’objectif de la peur est de réagir rapidement pour se protéger ou limiter les dégâts.

Les origines de la peur


Certaines peurs sont universelles, elles existent de tous temps, dans toutes les cultures : peur de certains animaux, de la hauteur, du sang, des espaces clos, de l’eau, des orages… Ces peurs ont permis la survie de l’espèce humaine.


D’autres peurs sont culturelles : fin du monde, diable, revenants, etc.

Elles sont parfois considérées davantage comme des inquiétudes que comme de la peur car elles portent sur des dangers non pas présents mais à venir.

Ces peurs sont réputées alors avoir une fonction de régulation sociale.

Certaines personnes devaient inspirer la peur. Par exemple, les parents envers leurs enfants, avec l’idée que la peur de la punition les empêchaient de faire des bêtises.

A l’opposé la peur était interdite dans certains milieux (chez les militaires jusqu’au cours du 20ème siècle par exemple) et assimilée à de la lâcheté.


La peur peut être apprise de manière directe soit après un évènement traumatique (accident de voiture), des expériences stressantes répétées (vols en avion agités), ou après coup, quand nous prenons conscience du danger.

A noter : le stress post-traumatique doit faire l’objet d’une prise en charge spécifique qui n’est pas évoquée ici.

La peur peut aussi être apprise en prenant modèle sur un adulte de son entourage (par exemple, sa mère qui a peur des araignées)


Certaines peurs sont innées et se manifestent en lien avec le développement de l’enfant : la peur du vide ou d’une personne inconnue apparaissent avec la capacité à se déplacer. Elles sont nécessaires pour éviter de prendre trop de risques. L’éducation et la vie sociale vous permettre de faire évoluer ces peurs en tenant compte de la réalité du danger.


Cependant certains enfants ont un tempérament plus réceptif à la peur et il faut en tenir compte pour ne pas laisser s’installer de l’anxiété ou des phobies.


Comment devenir ami.e avec sa peur


1. reconnaître sa peur

  • Ne pas en avoir honte : la peur est un signal d’alarme qui avertit d’un danger. Il doit être écouté avant d’agir.

  • Ne pas chercher à l’éliminer totalement : il s’agit de rendre la peur compatible avec une vie autonome, et conserver la capacité d’agir après avoir évalué le danger.

2. renforcer son contrôle sur sa peur

  • s’informer : par exemple, se faire expliquer par un médecin les besoins en oxygène du corps humain quand on a peur de s’asphyxier dans un ascenseur

  • apprendre à se relaxer

  • apprendre comment agir : par exemple, participer à un exercice d’évacuation d’un immeuble en cas d’incendie

3. se confronter à sa peur avec certaines conditions :

  • la confrontation a lieu sous votre contrôle, si vous souhaitez ou devez changer. Ça ne sert à rien de pousser quelqu’un de force dans l’eau.

  • La confrontation est progressive : si vous avez peur des oiseaux, vous allez d’abord regarder des photos, puis des vidéos, avant d’entrer dans une basse cour ou un poulailler.

  • La confrontation doit être suffisamment prolongée pour que la peur diminue en intensité puis se stabilise

  • la confrontation doit être régulière pour enclencher le phénomène d'habituation qui a manqué au départ.

4. regarder sa peur en face

Au cours d’une psychothérapie, il s’agit de raconter son scénario catastrophe jusqu’au bout, dans le détail. Vous êtes ainsi amené à réfléchir à ce qui vous fait peur, au lieu d’être incité à ne pas y penser ou à en minimiser l’importance, et à aller chercher des informations afin d’évaluer concrètement le danger.


Isabelle TREBUCQ

Psychopraticienne - Analyse transactionnelle

Février 2021

Sources :


Source image : Pixabay.com 21/02/2021

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